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nul
Par Anonyme, le 21.12.2023
bonjour,
je serai très heureux de lire ce livre entier qui peut être une ligne de conduite pour moi.
Par Anonyme, le 03.10.2023
bonjour à tous, je peux comprendre que nous ne sommes plus loin de la fin de la période d'ignorance, pour une
Par Anonyme, le 15.08.2023
solve et coagula sont les deux pôles de l'esprit et da matière. l'homme vit entre les deux pôles et sa tache c
Par MABANZA KIEMBA Gab, le 10.07.2023
magnifique
Par Anonyme, le 29.11.2022
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Date de création : 11.03.2020
Dernière mise à jour :
08.12.2024
1985 articles
En Loge, on n'applaudit pas,
Et on ne porte pas
De jugement de valeur.
Ne vous payez pas de mots,
N’accordez à qui que ce soit,
Une confiance aveugle
Respectez toutes les opinions,
Mais ne les acceptez pour justes,
Que si elles vous apparaissent comme telles,
Après les avoir examinées.
C'est en réfutant ce qui est faux
Qu'on avance vers le vrai.
Les histoires humaines commencent toujours,
par le mauvais côté. (Karl Marx)
Il n'y a pas de compréhension véritable
de l'humanisme, sans reconnaissance
de ses racines judéo-chrétiennes
Illustration suneva.ca
Le Labyrinthe de la Cathédrale de Chartes a été construit en 1200. Avec ses 12,88 m de diamètre c'est le plus grand jamais construit dans une église. Il est parcouru d'un seul chemin qui se déroule sur 261,55 m de l'extérieur vers l'intérieur.
Vous êtes confinés encore pour quelques semaines, mes pauvres petits.
Mais moi, cela fait plus de huit cents ans que les chanoines de Chartres m’ont confiné dans la nef de la cathédrale, sur le dallage, à l’entrée. Est-ce que je me plains ? Est-ce que je gémis ?
Dans l’enthousiasme de la création de la cathédrale gothique, mes chanoines avaient voulu un extraordinaire et merveilleux labyrinthe à l’entrée : comme si chaque fidèle, chaque pèlerin devait pérégriner sur mes méandres avant de pouvoir s’approcher du sanctuaire, de la Jérusalem céleste.
Quelle était ma joie ! Bien que constitué de volumineuses pierres parfaitement inertes, j’étais vivant, rempli d’énergie, et je vivifiais tous ceux qui me foulaient aux pieds : j’étais le paillasson du vestibule, et je m’en trouvais fort bien, sans fausse modestie ; je mettais mon honneur à débarrasser de leurs scories les serfs des champs comme les vilains des villes, les braves soudards comme les hauts chevaliers, les femmes, les hommes, les enfants… Foin de discrimination : tous avaient le droit de purifier leurs chausses en même temps qu’ils aéraient leur esprit avant de contempler le sacré. Ils égrenaient dévotement avec leurs pieds les multiples circonvolutions de mon immense chapelet.
Et ils marchaient emplis d’une divine sérénité car il n’y avait, sur mon chemin sinueux, aucune embûche, aucun piège, aucun obstacle. Il est pourtant vrai que je suis un labyrinthe, mais je n’en ai, en vérité, que le nom. Les chanoines, mes pères, grâce leur soit rendue, avaient d’emblée décidé d’écarter l’idée classique du labyrinthe antique, celui de Crête, dans lequel il fallait affronter au péril de sa vie de multiples dangers, d’innombrables culs-de-sac, d’incessants courts-circuits avant d’arriver – si on y arrivait – au centre et de se faire dévorer par cette épouvantable chimère mi-homme mi-taureau qu’était le Minotaure. Le diable ! Il fallut tout le courage de Thésée pour aller détruire ce démon, puis remonter jusqu’à l’air libre grâce au fil que lui avait tendrement fourni Ariane, la fille du roi Minos.
Certes, mes gentils et érudits chanoines ne se sont pas privés d’assimiler Thésée au Christ, et le Minotaure au diable. Mais jamais il ne leur est venu à l’esprit que leur sainte église devienne un abominable piège à chrétiens… Bien au contraire. Que leur âme soit en paix : ils m’ont dessiné en un chemin unique, paisible et serein ; personne ne pouvait s’y perdre ; il fallait simplement un peu de patience pour arriver au centre ; ça laissait au marcheur tout loisir de méditer, de rêver, de philosopher, de s’isoler, l’espace d’un moment, des contingences du monde. En somme, mon parcours offrait déjà un confinement volontaire et temporaire, solaire et processionnaire : j’étais une gigantesque et harmonieuse spirale conçue pour se défaire de ses fers, et s’abstraire.
On était au début du XIIIe siècle. Les hommes et les femmes étaient animés par la foi immense du Moyen-Âge. J’étais heureux. C’était trop beau pour durer.
Il a fallu à peine un ou deux siècles pour que l’on me rejette et que l’on m’oublie. Même, et peut-être surtout, les successeurs de mes pères chanoines s’y sont mis : ils furent d’ailleurs les plus féroces. Ils m’ont traité d’amuse-fol ; ils ont dit que je n’amusais que les enfants qui jouaient à la marelle sur mes méandres et dérangeaient les offices ; ils ont dit que, non seulement je ne servais à rien, mais que j’étais gênant ; j’avais des petits frères dans d’autres cathédrales : ils ont osé les détruire. Moi, par bonheur, ils se sont contentés de me recouvrir de chaises.
Alors, j’en ai pris mon parti et j’ai entamé, la mort dans l’âme, une bien longue hibernation séculaire.
par Jacques Paillot